Changer le titulaire d’une carte grise, désormais appelé certificat d’immatriculation, est une démarche incontournable après la vente ou l’achat d’un véhicule d’occasion. Beaucoup de conducteurs craignent de commettre une erreur administrative, de manquer un document ou d’utiliser un site non agréé.

Cette page détaille pas à pas la procédure officielle, les justificatifs nécessaires selon votre situation et les points de vigilance pour éviter tout refus de dossier. Que vous soyez acheteur, héritier ou en leasing, voici comment effectuer votre changement de carte grise dans les règles.

Quelles sont les étapes officielles pour un changement de carte grise ?

Depuis la dématérialisation complète des démarches, le changement de carte grise s’effectue exclusivement en ligne ou par un professionnel habilité. Concrètement, la procédure suit cinq grandes étapes que vous devez respecter dans un délai maximum d’un mois après la vente ou l’achat du véhicule.

  1. Déclarer la cession du véhicule

Si vous êtes l’acheteur, assurez-vous que le vendeur ait bien fait la déclaration de cession sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés). Cette déclaration génère un code de cession que le vendeur doit vous transmettre. Vous en aurez besoin pour votre demande de nouvelle carte grise.

  1. Préparer les documents nécessaires

Avant de commencer votre demande, rassemblez quelques justificatifs :

  • l’ancienne carte grise barrée et signée avec la mention “vendu le…” ou “cédé le…”
  • le code de cession remis par le vendeur
  • une pièce d’identité valide
  • un justificatif de domicile récent
  • le contrôle technique de moins de 6 mois (si nécessaire)
  1. Faire la demande de carte grise

Deux solutions existent :

  • directement via le portail officiel de l’ANTS avec vos identifiants FranceConnect,
  • ou par un professionnel agréé SIV (garage, prestataire habilité), qui transmettra la demande pour vous.

Dans les deux cas, vous téléversez les documents scannés et validez le changement de titulaire en renseignant le véhicule et les informations du nouveau propriétaire.

  1. Payer les taxes d’immatriculation

Le calcul du tarif dépend de votre région et de la puissance fiscale du véhicule. Le paiement s’effectue en ligne par carte bancaire, de façon sécurisée. Dès le paiement validé, un certificat provisoire d’immatriculation (CPI) est disponible immédiatement. Il vous permet de circuler pendant un mois le temps de recevoir la carte définitive.

  1. Recevoir le certificat définitif

Le nouveau document est envoyé par courrier suivi sous 3 à 10 jours ouvrés. Vous pouvez suivre son acheminement sur votre espace ANTS ou via le professionnel. Pensez à vérifier l’adresse postale renseignée, c’est celle où sera expédiée la carte grise.

En résumé, pour éviter tout contretemps, gardez à portée de main votre code de cession et vos justificatifs. Le délai légal pour effectuer cette demande est strictement limité à un mois après la cession. Passé ce délai, vous risquez une amende en cas de contrôle routier.

Quels documents doit-on fournir selon sa situation ?

Avant de faire votre demande de changement de carte grise, il est essentiel de rassembler les bons justificatifs. Selon votre profil, la liste peut varier. Ci-dessous, une vue claire de ce qu’il faut préparer pour éviter un refus de dossier.

Cas d’un particulier

Si vous êtes un particulier, voici les pièces à avoir sous la main. Rien de compliqué, mais la moindre omission peut bloquer la démarche.

  • Une pièce d’identité valide (CNI, passeport, titre de séjour).
  • Un justificatif de domicile datant de moins de 6 mois (facture EDF, quittance de loyer…).
  • Le contrôle technique de moins de 6 mois si le véhicule a plus de 4 ans.
  • Le formulaire Cerfa n°13750*05 (demande de certificat d’immatriculation).
  • L’ancienne carte grise barrée, datée et signée précédemment.

Si vous faites la démarche pour quelqu’un d’autre, une procuration signée accompagnée de la pièce d’identité du mandant est indispensable.

Les documents doivent être numérisés lisiblement (photo nette ou scan au format PDF). Si une pièce est floue, la demande sera rejetée.

Cas d’une société ou association

Pour les véhicules de société, la carte grise est établie au nom de la personne morale. Dans ce cas, ajoutez à la liste de base :

  • Un extrait Kbis de moins de 3 mois.
  • Une copie de la pièce d’identité du représentant légal.
  • Une attestation sur papier à en-tête autorisant la demande si un salarié effectue la démarche.

Les associations doivent fournir un statut signé et un extrait du Journal Officiel si elles n’ont pas de Kbis. Le président ou son représentant signe les formulaires Cerfa correspondants.

Dans le cas d’un changement de siège social, utilisez un justificatif récent du nouveau domicile pour éviter un refus du dossier.

Cas d’un véhicule en leasing ou en succession

Deux situations assez différentes mais fréquentes. Si le véhicule est en leasing (location longue durée), le certificat reste au nom de l’organisme bailleur. Voici ce qu’il faut transmettre :

  • Une autorisation écrite de changement de titulaire signée par la société de leasing.
  • Les copies de sa carte grise et de la pièce d’identité du conducteur principal.

En cas de succession, le dossier doit prouver le lien avec le défunt :

  • Une copie du certificat de décès.
  • Une attestation de succession ou certificat d’hérédité.
  • Un accord écrit de l’ensemble des héritiers si le véhicule n’est pas partagé.

Tous ces documents peuvent être transmis sous forme de scans ou photos. Le plus important, c’est la lisibilité et la cohérence des pièces déposées.

Comment gérer les cas particuliers lors d’un changement de titulaire ?

Il existe des situations où le changement de carte grise ne suit pas la procédure classique. Si le propriétaire est décédé, si le véhicule vient de l’étranger ou s’il a été donné, les règles changent légèrement. Voici comment procéder dans chaque cas sans bloquer votre dossier.

Décès du propriétaire

Quand le titulaire est décédé, le véhicule devient propriété des héritiers. Le dossier devra alors prouver cette transmission. On parle ici d’un changement de titulaire par succession, pas d’une vente classique.

Concrètement, l’héritier ou la personne chargée de la succession doit déposer :

  • le certificat de décès du titulaire,
  • une attestation notariale ou de succession (ou certificat d’hérédité),
  • la carte grise originale du véhicule, barrée et signée “veuve/veuf/ héritiers de…”,
  • une pièce d’identité et un justificatif de domicile de l’héritier demandeur.

Si plusieurs héritiers existent, ils doivent fournir une attestation commune désignant celui qui gardera le véhicule. Le changement de carte grise doit se faire dans un délai de 3 mois à partir du décès. Passé ce délai, le véhicule ne peut plus circuler avant régularisation.

Véhicule importé ou donné

Deux situations distinctes, mais souvent confondues. Dans les deux cas, le propriétaire doit prouver l’origine et la cession du véhicule. Cela demande quelques documents supplémentaires.

Si le véhicule est importé

Un véhicule acheté à l’étranger, même dans l’Union européenne, nécessite un quitus fiscal délivré par le service des impôts. Il atteste que la TVA a été déclarée ou non due. Vous devrez aussi fournir :

  • un certificat de conformité européen (ou attestation constructeur),
  • le certificat d’immatriculation étranger,
  • la facture ou le contrat d’achat,
  • un contrôle technique français de moins de 6 mois.

Une fois ces pièces vérifiées, la demande se fait normalement sur le site de l’ANTS ou par un professionnel agréé.

Si le véhicule est donné

Le don, qu’il s’agisse d’un parent à son enfant ou d’un ami, suit la procédure classique de cession mais sans transaction financière. Le certificat de cession (Cerfa n°15776*02) reste obligatoire, même sans prix de vente.

  • Le propriétaire remet le code de cession au nouveau titulaire.
  • L’ancienne carte grise doit être barrée, signée et datée avec la mention “cédé gracieusement le…”
  • Le coupon détachable, en bas du certificat, sert de justificatif provisoire pour circuler le temps du changement de titulaire.

Le donataire (celui qui reçoit le véhicule) dispose d’un mois pour effectuer la demande de carte grise à son nom. Les justificatifs d’identité et de domicile doivent être à son propre nom.

Dans ces cas particuliers, mieux vaut vérifier que toutes les dates et signatures concordent entre les documents. Le moindre oubli (comme un code de cession manquant) peut retarder la validation en ligne. Prenez le temps de scanner chaque pièce lisiblement avant d’envoyer votre dossier.

Combien coûte un changement de carte grise en 2026 ?

Impossible de parler de changement de carte grise sans évoquer le prix. En 2026, il dépend toujours de plusieurs taxes fixées par l’État et les Régions. Le coût final varie selon la puissance fiscale du véhicule, sa nature (essence, diesel, hybride, électrique) et le lieu d’immatriculation.

Le calcul peut sembler flou à première vue, mais il repose sur quatre composantes précises.

  • Y1 – Taxe régionale : elle correspond au nombre de chevaux fiscaux x le tarif du cheval fiscal de votre région.
  • Y3 – Taxe CO? (malus écologique) : appliquée selon le taux d’émission de CO? indiqué sur la carte grise.
  • Y4 – Redevance d’acheminement : c’est le coût d’envoi du document, fixé à 2,76 € en 2026.
  • Frais de gestion : environ 11 €, intégrés automatiquement par le site de l’ANTS.

Chaque région fixe son propre tarif du cheval fiscal. Par exemple, en Île-de-France, il s’élève à environ 46 €. Pour un véhicule essence de 7 CV fiscaux, le seul montant Y1 serait donc de 322 € (7 x 46). À cela peuvent s’ajouter le malus CO? et la redevance d’acheminement.

Faisons un calcul concret. Imaginons une voiture essence de 7 CV immatriculée à Paris, émettant 145 g de CO?/km :

Élément Montant estimé 2026
Taxe régionale (Y1) 322 €
Malus CO? (Y3) 75 €
Frais de gestion 11 €
Redevance d’acheminement 2,76 €
Total estimé 410,76 €

Ce tableau montre à quel point la région et les émissions de CO? influencent fortement le prix final. Certains véhicules échappent toutefois à une partie de ces taxes. Les modèles hybrides ou électriques bénéficient souvent d’une exonération partielle ou totale de la taxe régionale, selon la politique locale.

Petite astuce : rendez-vous sur un simulateur officiel pour calculer rapidement votre tarif exact. L’ANTS et la plupart des conseils régionaux proposent un outil gratuit où il suffit d’indiquer la plaque, la puissance fiscale et le type d’énergie.

En pratique, prévoyez toujours une marge de quelques euros. Les tarifs régionaux changent chaque année et le malus CO? évolue avec le barème environnemental. Pour éviter toute surprise, vérifiez les montants actualisés juste avant de lancer votre demande de carte grise.

Comment éviter les arnaques et garantir la conformité de sa demande ?

Avant de lancer votre procédure de changement de carte grise, il faut savoir que de nombreux sites se font passer pour des plateformes officielles. Le logo français, les couleurs de l’État, tout y est… mais la transaction, elle, n’a rien d’officielle. Résultat : vous payez pour un service fantôme et vos données personnelles disparaissent dans la nature.

Pour ne pas tomber dans ce piège, gardez un repère simple : seules deux options sont valides. Soit la demande passe par le service public ANTS, soit par un professionnel habilité SIV par le Ministère de l’Intérieur. Tout le reste est à éviter, peu importe les promesses affichées.

Vous pouvez vérifier l’habilitation d’un professionnel grâce à son numéro SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules). Il doit figurer sur son site ou sur le devis qu’il vous remet. Ce numéro prouve que l’entreprise a reçu l’autorisation de traiter des dossiers d’immatriculation sécurisés.

  • Ne confiez jamais vos documents à un prestataire sans numéro SIV visible.
  • Méfiez-vous des adresses web imitant celles de l’ANTS avec quelques lettres changées.
  • Vérifiez toujours la présence d’une mention légale complète et d’un contact en France.

Autre erreur courante : falsifier ou “arranger” un document pour aller plus vite. C’est une infraction pénale, même si l’intention n’est pas frauduleuse. Un justificatif de domicile modifié ou un contrôle technique antidaté peuvent valoir poursuites et amende lourde. Dans le doute, mieux vaut retarder le dépôt que de risquer un refus ou pire, une enquête.

Une fois la demande validée, conservez attentivement vos reçus de paiement et accusés de dépôt. Ils peuvent être demandés en cas de litige ou de vérification ultérieure. Rangez-les comme vous le feriez avec une facture d’assurance ou un relevé bancaire : c’est votre preuve officielle.

Enfin, sachez que le suivi de l’état d’avancement du dossier est entièrement consultable en ligne. Depuis votre espace ANTS ou celui du professionnel agréé, vous pouvez voir si la demande est en cours, validée ou expédiée. C’est le seul moyen fiable pour tracer l’envoi de votre nouvelle carte grise, sans dépendre d’un intermédiaire inconnu.

Conclusion

Changer le titulaire d’un véhicule n’a rien d’un parcours du combattant quand on comprend la logique de la procédure de changement de carte grise. Entre les justificatifs à réunir, le délai d’un mois et le choix entre ANTS ou professionnel agréé, le plus sûr est d’y aller étape par étape.

En suivant cette méthode, vous évitez les erreurs de dossier, les arnaques sur Internet et les retards administratifs. Le secret, c’est de garder une copie de chaque pièce déposée et de vérifier la validité des documents avant de valider la demande.

Si vous venez de vendre ou d’acheter un véhicule, prenez le temps de relire la checklist correspondant à votre situation (particulier, société, succession…). C’est souvent là que se joue l’acceptation rapide du dossier. Et souvenez-vous : seule une demande effectuée via un service habilité SIV ou l’ANTS a valeur légale.

À retenir

  • Le changement de carte grise doit être fait dans le mois suivant la cession.
  • Seuls l’ANTS et les professionnels agréés par le Ministère de l’Intérieur peuvent traiter les demandes.
  • Un dossier complet et des justificatifs lisibles évitent tout refus ou retard de traitement.